Ces derniers mois, les autorités européennes et nationales soulignent de plus en plus l’importance de la préparation personnelle aux catastrophes, aux guerres et aux autres situations d’urgence. Plusieurs pays lancent des campagnes visant à inciter les citoyens à se procurer un kit d’urgence, et les gouvernements donnent des conseils pratiques à leur population. Voici un aperçu.
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Belgique : « Nous ne vivons plus dans la paix que nous espérions »
Selon le Centre de crise national, la société est constamment confrontée à des risques. En prenant des mesures préventives à l’avance et en renforçant la résilience, l’impact d’une situation d’urgence peut être limité et chaque citoyen peut y contribuer.
En octobre 2024, le Centre de crise a publié une analyse nationale des risques triennale. Elle détermine de manière scientifique et structurée les plus grands risques auxquels la Belgique peut être exposée. L’analyse met en lumière et examine 118 risques issus de sept catégories. Selon le rapport, les risques « d’origine humaine » sont les plus probables. Cela concerne non seulement le terrorisme, mais aussi les tensions géopolitiques et les stratégies d’influence. Pensez aux campagnes de désinformation, à l’espionnage et au piratage informatique. Les scénarios ayant un impact sociétal très élevé, mais avec une faible probabilité, sont également mis en lumière. Pensez à une panne électrique nationale ou à une perturbation de l’aviation.
« La résilience de la population et des infrastructures face à différents risques est désormais un mot-clé pour la société », indique le rapport. « L’objectif est de tendre vers une Belgique plus résiliente. Ce n’est pas seulement une nécessité pour nous, mais pour toute l’Union européenne. »
Campagne à grande échelle
Au cours de l’année 2025, le Centre de crise national lancera donc une campagne sur la façon de se préparer à une situation de crise. « Nous ne vivons plus dans la paix que nous espérions », a déclaré à ce sujet fin 2024 l’ancienne ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (cd&v). « Il y a des tensions géopolitiques et le nombre de catastrophes naturelles et de cyberattaques augmente. »
Le Centre de crise clarifiera dans la campagne comment s’abriter, évacuer et créer son propre plan d’urgence. « Il s’agira par exemple de dresser la liste des personnes à prévenir, de savoir quels numéros d’urgence avoir sur soi et d’examiner s’il est judicieux d’avoir par exemple une batterie de secours à la maison », a expliqué la ministre. « L’expérience montre qu’en tant qu’individu, nous pouvons aussi faire certaines choses pour être bien préparés. »
Sur la page web ‘Que pouvez-vous faire ?‘, le Centre de crise national donne déjà quelques conseils pour commencer. Le service public fournit un guide succinct sur ce qui doit figurer dans un kit d’urgence, comment se préparer et aider les autres, et que faire si vous êtes vous-même victime d’une situation d’urgence.

Pays-Bas : « Tout le monde est nécessaire »
Le gouvernement néerlandais affirme qu’en plus de la préparation militaire, la résilience sociétale doit également augmenter. « Ce n’est qu’ainsi que les Pays-Bas pourront se prémunir contre la guerre et les crises », déclare le ministère de la Défense. « L’augmentation de la résilience sociétale et de la préparation militaire assure non seulement une défense supplémentaire, mais aussi une dissuasion de la Russie et d’autres adversaires. » Le cabinet néerlandais a donc identifié ce qui est nécessaire pour être résilient face aux menaces militaires ou hybrides et qui en est responsable.
Les Pays-Bas indiquent que l’appareil de défense doit pouvoir compter sur le soutien des citoyens et des entreprises. Même en situation de conflit, l’économie doit continuer à fonctionner, éventuellement au service des forces armées. La politique néerlandaise travaille sur une législation pour rendre cela possible.
De plus, le cabinet néerlandais travaille également sur l’élaboration d’un programme de résilience. Pas seulement sur le plan de la défense, car l’armée souhaite également plus de soutien de la part de la société. « En cas de conflit à grande échelle, les forces armées tournent à plein régime », explique le gouvernement néerlandais. « Il y a alors un besoin supplémentaire de nourriture, d’approvisionnement en énergie et de soins de santé. Le fait est que la société et les forces armées doivent, pendant un conflit, utiliser les mêmes ressources et personnes rares. »

Union européenne : « Donner un cadre aux États membres »
L’Union européenne ne peut pas rester en arrière dans la protection de ses États membres contre les risques internes ou externes. C’est pourquoi la directive CER a été créée fin 2022. Elle concerne la protection des organisations contre les menaces telles que le terrorisme, le sabotage et les catastrophes naturelles. Pour les risques numériques sur les systèmes de réseau et d’information, il existe une directive similaire : NIS2.
L’objectif de ces directives est de fournir aux États membres un cadre dans lequel ils doivent mener tous les quatre ans des recherches sur l’identification des risques, leur lutte et le développement de stratégies nationales. La directive fait également une distinction entre les risques régionaux et nationaux par rapport aux risques européens. Ces risques européens sont considérés comme très importants car ils concernent au moins six États membres.
Envers les citoyens, l’Union européenne fournit également de nombreux conseils concrets via des plateformes par l’intermédiaire de la Protection civile et opérations d’aide humanitaire européennes (ECHO). ECHO est principalement destiné à la coopération au développement, mais on y trouve également des lignes directrices sur l’autonomie, la gestion de crise et le droit international.
États-Unis
Les États-Unis disposent d’un système complet de plans d’urgence nationaux et de gestion de crise. La Federal Emergency Management Agency (FEMA) est responsable de la lutte contre les catastrophes et de l’aide d’urgence aux États-Unis. Le gouvernement américain a par ailleurs mis en place différentes initiatives pour sensibiliser les citoyens aux risques.
La Ready Campaign du Homeland Security, le service public compétent pour la Sécurité nationale, encourage les Américains à constituer un kit d’urgence et à avoir un plan d’évacuation. Le site gouvernemental propose des conseils pour survivre dans des conditions météorologiques extrêmes, lors d’incendies (de forêt) et de pannes d’électricité.
De plus, il y a une forte attention portée à la cybersécurité, étant donné que les États-Unis sont vulnérables aux attaques numériques. Dans le cadre de la défense nationale, le ministère américain de la Défense a élaboré des directives pour protéger les infrastructures contre les attaques d’États hostiles. En outre, les États-Unis participent à des partenariats de coopération internationale, tels que l’OTAN et l’ONU, pour faire face aux menaces mondiales pour la sécurité.

France : Beaucoup d’informations en ligne
La France dispose d’une stratégie nationale complète de gestion des risques, dirigée par le ministère de l’Intérieur. Le gouvernement français a des plans de protection civile qui couvrent non seulement les catastrophes naturelles, mais aussi la guerre hybride et les cybermenaces.
Le plan Vigipirate, qui coordonne la lutte contre le terrorisme, est l’une des initiatives les plus visibles. Il y a également le plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) et le plan Blanc pour les situations d’urgence dans les soins de santé. La France souligne également le rôle des citoyens dans la résilience nationale. Via la campagne ‘Réagir en cas d’attaque‘, les Français sont informés sur la façon de se préparer aux catastrophes et aux attaques.
Pays d’Europe de l’Est
Pologne
La Pologne a renforcé sa politique de défense au cours des dernières années, notamment en raison de la menace russe. Le ministère polonais de la Défense a misé sur la modernisation de l’armée et l’expansion de l’Armée de défense territoriale, une force de réserve qui forme les citoyens à défendre le pays en cas d’urgence. Par ailleurs, la Pologne a lancé une campagne pour encourager les citoyens à constituer des réserves alimentaires et à savoir quoi faire en cas de crise.
Lituanie
La Lituanie a, comme d’autres États baltes, une stratégie de résilience active. Le gouvernement diffuse des guides sur la manière dont les citoyens doivent se préparer à une éventuelle attaque ou crise. Dans The Survival Guide, un document officiel du gouvernement, les Lituaniens sont encouragés de manière accessible à constituer un kit d’urgence et à être conscients des campagnes de désinformation. Le pays voisin de la Russie donne même aux citoyens des conseils au cas où ils seraient un jour enlevés ou capturés.









