Le 22 février 2026, le Mexique s’est soudainement embrasé. L’armée mexicaine a tué le chef du cartel Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, et en quelques heures, des voitures ont pris feu, les autoroutes étaient remplies de barrages routiers et les vols ont été annulés. Des membres du cartel se sont répandus dans vingt États, incendiant bus et taxis et érigé des barrages. Des milliers de touristes se sont retrouvés soudainement bloqués à Puerto Vallarta, Guadalajara et dans d’autres villes, parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment.
Le Mexique est un exemple extrême, mais loin d’être le seul. Quiconque voyage à l’étranger doit savoir que de tels incidents peuvent se produire. Quelqu’un sur Reddit se demandait ce qu’il ferait s’il était en vacances là-bas. Des émeutes après un résultat électoral, un coup d’État, une attaque terroriste, des troubles politiques soudains : cela peut arriver partout et dégénérer rapidement. Cela ne doit pas être une catastrophe mortelle, si vous savez comment y faire face.
Quand des vacances se transforment soudainement en scénario de crise
Les troubles dans un pays de vacances sont moins exceptionnels que nous aimons le penser. La Thaïlande a connu plusieurs coups d’État où les touristes se sont retrouvés du jour au lendemain confrontés à des couvre-feux et des aéroports fermés. En Égypte, les manifestations de la place Tahrir en 2011 ont dégénéré si rapidement que les aéroports étaient bondés de personnes souhaitant partir. En Turquie, une tentative de coup d’État en 2016 a donné lieu à des tirs et à un état d’urgence. Et au Mexique, nous avons vu cette année à quelle vitesse une opération intérieure peut déboucher sur un chaos national.
Le schéma est toujours le même : les troubles commencent ailleurs, mais les conséquences se font ressentir partout. Les vols sont annulés. Les transports s’arrêtent. Les magasins ferment. Et ceux qui n’ont pas de plan se retrouvent seuls.
Je pense parfois que les gens voient les vacances comme une bulle — comme si la destination suspendait temporairement les règles du monde. Mais ce n’est pas le cas. Un hôtel à Puerto Vallarta ne peut pas toujours vous protéger des voitures en feu devant la porte.
Qu’est-ce qui rend les troubles à l’étranger si dangereux pour les touristes ?
Vous êtes en terrain inconnu. Vous ne connaissez pas toujours la langue, vous ne connaissez pas les rues, vous ne savez pas quels quartiers éviter et vous n’avez pas de réseau sur lequel vous appuyer. Vous dépendez d’informations qui deviennent rapidement peu fiables, de transports qui peuvent disparaître et d’une ambassade qui essaie de contacter des centaines de compatriotes en même temps.
Pendant la crise du cartel mexicain, les réseaux sociaux ont explosé avec de fausses informations — notamment l’affirmation selon laquelle le cartel avait pris le contrôle de l’aéroport de Guadalajara. L’aéroport a dû démentir via son compte officiel. Ceux qui se fiaient aux réseaux sociaux pour s’informer ont paniqué pour de mauvaises raisons ou ont pris de mauvaises décisions sur la base de rumeurs.
🚨 Attention à la désinformation
La désinformation est un danger réel en situation de crise. Elle ralentit la prise de bonnes décisions et peut vous mettre dans des situations dangereuses.

Ce que vous pouvez organiser avant le voyage
Enregistrez-vous auprès de votre ambassade — toujours
C’est le minimum que vous puissiez faire et cela ne coûte rien. La Belgique propose le Registre belge des voyageurs via diplomatie.belgium.be. Les Pays-Bas disposent d’un système comparable via nederlandwereldwijd.nl. Si quelque chose ne va pas dans le pays où vous séjournez, l’ambassade sait que vous êtes là et peut vous contacter activement avec des instructions.
Dans une crise comme celle du Mexique, les ambassades essaient de communiquer rapidement avec les ressortissants enregistrés. Ceux qui ne sont pas enregistrés sont exclus de ce réseau et doivent découvrir par eux-mêmes ce qui se passe.
Vérifiez les conseils aux voyageurs — même si vous y êtes déjà allé
Plusieurs Américains à Puerto Vallarta ont raconté avoir visité la ville pendant des années et s’y être toujours sentis en sécurité. L’explosion de violence les a complètement surpris. Cela montre que la familiarité avec une destination n’est pas une garantie. Un conseil aux voyageurs est basé sur des informations actuelles et change rapidement.
Attention : Les conseils aux voyageurs comportent généralement quatre niveaux — de « prudence normale » à « ne voyagez pas ». Jalisco était déjà dans une catégorie de risque élevé depuis des années. Ceux qui l’avaient lu étaient mieux préparés à ce qui pouvait arriver.

Sauvegardez les numéros essentiels — pas seulement dans votre téléphone
Un téléphone peut être déchargé, cassé ou volé. Notez également les numéros les plus importants sur papier :
- Le numéro de votre ambassade dans le pays de destination
- Le numéro d’urgence de votre assurance voyage
- Le numéro de service client de votre compagnie aérienne
- Une personne de contact à la maison qui est au courant de votre lieu de séjour
Le département d’État américain a ouvert une ligne de crise 24h/24 et 7j/7 qui a traité des centaines d’appels. Pour ceux qui appelaient des États-Unis ou du Canada : +1-888-407-4747. Pour ceux qui appelaient de l’étranger, y compris du Mexique : +1-202-501-4444. Les pays européens ont des lignes de crise comparables — mais vous devez avoir ces numéros avant le début de la crise, pas après.
🔗 Lisez ici tout sur la communication
Prévoyez des provisions de base dans votre logement
Un couple à Puerto Vallarta n’avait pas de nourriture — seulement deux oranges — parce que leur hôtel-boutique n’avait pas de restaurant et que toute la ville était fermée. Ils ont reçu des conseils d’un voisin, mais sont restés toute la journée l’estomac vide.
Cela peut sembler peu de chose, mais après une journée sans nourriture dans une situation stressante, tout devient plus lourd. Une habitude simple : achetez toujours quelques jours de provisions de base à votre arrivée. De l’eau, de la nourriture non périssable, d’éventuels médicaments dont vous avez besoin. Non pas parce que vous vous attendez à une catastrophe, mais parce que c’est judicieux — tout comme vous avez chez vous un kit d’urgence pour les pannes de courant ou d’autres situations imprévues.

Ce qu’il faut faire lorsque les troubles éclatent
Restez à l’intérieur !
C’est le conseil le plus difficile à suivre. Le réflexe de fuite est fort. Mais conduire jusqu’à l’aéroport pendant que des membres de cartels, une foule en colère ou des militaires contrôlent les rues est plus risqué que d’attendre dans votre chambre d’hôtel sécurisée que les troubles se calment.
Les touristes qui s’étaient rendus tôt à l’aéroport de Puerto Vallarta se sont retrouvés enfermés dans le terminal : aucun avion ne décollait temporairement en raison des troubles. Attendez la confirmation de votre ambassade, de votre compagnie aérienne ou des autorités locales avant de sortir. Une instruction de « confinement sur place » signifie : restez où vous êtes, fermez portes et fenêtres, et attendez.
Utilisez les canaux d’information officiels
Les réseaux sociaux sont dangereux en situation de crise. Ils diffusent les rumeurs plus vite que les faits. Utilisez en premier lieu :
- Le site web officiel et les comptes de réseaux sociaux de votre ambassade
- La communication officielle de l’aéroport
- Les messages des autorités locales (si possible via une application de traduction fiable)
- Les services d’information ayant une réputation établie (Reuters, BBC, AP)
Économisez autant que possible la batterie de votre téléphone. Diminuez la luminosité de l’écran, désactivez les applications inutiles et n’utilisez votre batterie externe que lorsque c’est nécessaire.
Communiquez avec vos proches — une seule fois et clairement
Envoyez un message clair à votre contact chez vous : où vous êtes, que vous êtes en sécurité, et que vous attendez plus d’informations. Demandez-leur de ne pas rappeler ou envoyer constamment des messages, car cela épuise votre batterie. Convenez que vous reprendrez contact dès que la situation sera plus claire.
Suivez les instructions de votre hôtel
Le personnel de l’hôtel connaît mieux la situation locale que vous. Ils ont des protocoles pour ce type de circonstances et savent quels quartiers sont dangereux, où se trouvent les routes les plus sûres et quand il est raisonnable de se rendre à l’aéroport.
Si vous devez quand même partir
Attendez le feu vert de votre compagnie aérienne
American Airlines, United et Delta ont supprimé les frais de modification pour les voyageurs en provenance ou à destination de Guadalajara et Puerto Vallarta. Air Canada a d’abord annulé tous les vols, mais a repris la liaison vers Puerto Vallarta dès le 24 février. La plupart des compagnies proposent dans ce type de situations une politique de réservation flexible — mais vous devez la suivre vous-même et les contacter.
Enregistrez toujours les numéros de service client de votre compagnie aérienne avant de partir. Et vérifiez si votre assurance voyage couvre également la prolongation de votre séjour, le retour anticipé et l’annulation en cas de troubles politiques ou de violence. Ce sont des clauses distinctes qui ne figurent pas dans toutes les polices standard.
Informez quelqu’un de l’itinéraire que vous empruntez
Si vous décidez de partir — vers l’aéroport, vers un autre hôtel, vers une ville plus sûre — informez votre contact à la maison et l’ambassade. Donnez votre point de départ, votre destination et votre heure d’arrivée estimée. Ainsi, les gens savent où chercher si vous n’arrivez pas.
La vue d’ensemble : leçons pour chaque voyageur
La crise des cartels mexicains de février 2026 est un exemple brutal, mais la même logique s’applique à un coup d’État politique dans un pays africain, des émeutes après une finale de football en Amérique du Sud ou une attaque terroriste dans une ville européenne. Les principes de base ne changent pas :
- Connaissez la situation du pays avant de partir
- Enregistrez-vous auprès de votre ambassade
- Ayez toujours quelques jours de provisions de base
- Suivez les canaux officiels, pas les réseaux sociaux
- Restez à l’intérieur jusqu’à ce que vous soyez sûr qu’il n’y a pas de danger
- Communiquez clairement avec les personnes à la maison
La présidente Sheinbaum a déclaré que « la paix, la sécurité et la normalité sont garanties » — mais au moment où elle le disait, des milliers de touristes étaient encore enfermés dans leurs hôtels. Les gouvernements aiment présenter la situation de manière plus rose qu’elle ne l’est. Ce n’est pas nécessairement malveillant, mais cela signifie que vous ne devez pas complètement désactiver votre propre jugement.
Conclusion
Ce que le Mexique nous a appris cette semaine n’est rien de nouveau — mais c’est un rappel brutal. Les troubles peuvent dégénérer partout et rapidement, même dans des destinations que vous connaissez et en qui vous avez confiance. Celui qui voyage préparé n’a pas besoin d’avoir peur : mais la préparation commence à la maison, avant que votre valise ne soit faite. Un lieu de séjour enregistré, quelques contacts d’urgence sur papier et un stock modeste dans votre chambre d’hôtel peuvent faire la différence entre attendre calmement et être complètement dans l’incertitude.
