Chaque année, des dizaines de milliers de personnes en Belgique et aux Pays-Bas se retrouvent aux urgences après un accident de la route. Plus de 20 000 victimes sont hospitalisées chaque année avec des blessures graves — et malheureusement des centaines décèdent de leurs blessures. Ce sont des chiffres que vous préférez ne pas lire, mais qui montrent clairement : la probabilité que vous soyez un jour impliqué dans un accident, ou que vous soyez le premier sur les lieux, est réelle.
Et pourtant, la plupart des gens ne savent pas exactement quoi faire le moment venu. La panique prend le dessus. C’est précisément pour cela qu’il est précieux de connaître à l’avance les bons gestes — non pas comme une liste théorique, mais comme quelque chose qui reste vraiment en mémoire quand le moment arrive.
Cet article vous guide pas à pas à travers tout ce que vous pouvez et devez faire lors d’un accident de la route : de la sécurisation du lieu, aux premiers secours, jusqu’au règlement administratif après coup.
Votre propre sécurité avant tout
Cela peut sembler contradictoire, mais lors d’un accident de la route, la première préoccupation n’est pas la victime : c’est toujours vous-même. Quiconque se met en danger devient une victime supplémentaire et ne fait qu’aggraver la situation.
Arrêtez-vous en toute sécurité et rendez-vous visible
Activez immédiatement vos feux de détresse (warnings). Garez votre véhicule de préférence au-delà du lieu de l’accident, afin que votre véhicule serve de tampon contre la circulation arrivante. Coupez le moteur. Ensuite, enfilez votre gilet fluorescent avant de sortir — pas après. En Belgique, il est obligatoire d’avoir un gilet de sécurité dans la voiture, et dans de nombreux autres pays européens, la même règle s’applique.
Sortez prudemment, du côté le plus éloigné de la circulation. Gardez les yeux sur la route. Sur une autoroute, la circulation arrivant par l’arrière est au moins aussi dangereuse que l’accident lui-même.
Balisez le lieu avec un triangle de signalisation
Placez un triangle de signalisation à une distance suffisante du lieu de l’accident. Les règles de base sont :
- En agglomération : environ 50 mètres
- Sur routes secondaires : environ 100 mètres
- Sur autoroute : au moins 200 mètres
Ces distances ne sont pas exagérées. À une vitesse de 120 km/h, une voiture parcourt plus de 30 mètres par seconde. Un conducteur qui réagit tard a à peine l’espace pour s’arrêter.
Attention : Sur l’autoroute, passez toujours derrière la glissière de sécurité. Ne traversez jamais la chaussée pour placer le triangle de l’autre côté.
Appelez les services de secours — et sachez quoi dire
Dès que l’environnement immédiat est sécurisé, appelez le 112 (le numéro d’urgence européen) s’il y a des blessés ou si un incendie menace. S’il n’y a que des dégâts matériels et aucun blessé, le numéro 101 (en Belgique) ou le numéro de police local suffit.
Que signaler au 112 ?
Le centre d’appels veut savoir rapidement et clairement :
- La localisation exacte (nom de rue, borne kilométrique sur autoroutes, sens de circulation)
- Le nombre de victimes et leur état visible (conscience, respiration, blessures visibles)
- S’il y a des enfants, femmes enceintes ou personnes coincées impliqués
- S’il y a un camion, camion-citerne ou véhicule transportant des matières dangereuses impliqué
- S’il y a un incendie ou un dégagement de fumée
Je recommanderais, si vous empruntez régulièrement les mêmes trajets, de faire attention consciemment aux bornes hectométriques ou aux points de repère. Dans un moment de stress, il est plus facile de dire « à hauteur de la borne hectométrique 43.2, direction Anvers » que de chercher une adresse qui n’existe pas.

Prodiguer les premiers secours lors d’un accident de la route
C’est la partie avec laquelle beaucoup de gens ont le plus de difficultés. La peur de faire quelque chose de mal paralyse. Mais dans la plupart des cas, ne rien faire est pire qu’agir imparfaitement.
Approchez correctement la victime
Lors d’un accident de la route, le risque de lésion cervicale et vertébrale est élevé, surtout à grande vitesse ou lors d’une collision où le véhicule s’est retourné. Approchez donc toujours la victime de face — par le pare-brise — afin que la personne puisse vous voir sans tourner la tête. Parlez fort et clairement. Dites quelque chose comme : « Restez immobile, les secours arrivent. Ne tournez pas la tête. » Même si les gens veulent bouger, vous devez essayer de les en empêcher.
Ne déplacez pas une victime, sauf si c’est vraiment nécessaire
La règle d’or : ne déplacez un blessé que s’il y a un danger de mort immédiat. Pensez au feu, à la fumée, ou à un véhicule qui risque de glisser dans l’eau. Dans tous les autres cas, laissez la victime où elle est. Un mauvais mouvement en cas de lésion vertébrale peut causer des dommages irréparables.
Si le déplacement est tout de même nécessaire, utilisez la ‘prise de Rautek‘ : une technique où vous saisissez la victime par l’arrière sous les aisselles et la tirez en arrière vers un endroit sûr. C’est une prise d’urgence — pas une solution idéale, mais parfois la seule.
Vérifiez la conscience et la respiration
Vérifiez si la victime réagit. Tapotez doucement sur l’épaule et posez une question. Aucune réaction ? Vérifiez alors la respiration : regardez si la poitrine bouge, écoutez si vous entendez la respiration, et sentez avec votre joue s’il y a de l’air.
- Inconscient mais respire normalement : place la victime en position latérale de sécurité et attends les services de secours.
- Inconscient et ne respire pas : commence immédiatement la réanimation. Effectue 30 compressions thoraciques suivies de 2 insufflations. Demande entre-temps à une personne présente d’aller chercher un DAE s’il y en a un à proximité.
🔗 Lisez ici quelques conseils de premiers secours vitaux de la Croix-Rouge
Treat first what kills first
En cas de victimes multiples, le principe de triage s’applique : traitez d’abord ce qui met le plus rapidement la vie en danger. Une hémorragie grave prime sur un bras cassé. Quelqu’un qui ne respire pas est plus urgent que quelqu’un qui est conscient et se plaint de douleur.
En cas d’hémorragie grave, appuyez fermement sur la plaie avec un pansement propre ou à défaut un vêtement. Utilisez des gants jetables si vous en avez sous la main — non seulement pour l’hygiène, mais aussi pour vous protéger.
Important : N’entrez jamais dans un véhicule endommagé. Les airbags qui ne se sont pas encore déclenchés peuvent exploser plus tard. Ne déplacez pas ou ne remorquez pas non plus le véhicule. Portez secours par une fenêtre ou une portière ouverte.
Que faire si vous êtes vous-même coincé ?
Un scénario que personne ne veut vivre, mais qui arrive : vous êtes coincé dans votre véhicule après une collision. Les portes ne s’ouvrent pas, le tableau de bord appuie contre vos jambes.
Restez aussi calme que possible
Plus facile à dire qu’à faire, mais la panique coûte de l’énergie et de l’oxygène. Essayez de respirer calmement. Si vous pouvez bouger, coupez alors le moteur pour réduire le risque d’incendie.
Utilisez un marteau de sécurité
Un marteau de sécurité avec coupe-ceinture est un petit outil qui fait la différence. Montez-en un à portée de main dans votre voiture — pas dans la boîte à gants que vous ne pourrez peut-être plus ouvrir après une collision. Avec la pointe durcie, vous brisez une vitre latérale (jamais le pare-brise, qui est en verre feuilleté), et avec la lame, vous coupez la ceinture si la boucle est bloquée.
Attendez les pompiers en cas de coincement sévère
En cas de coincement grave — lorsque le métal est déformé et que le véhicule vous retient physiquement — attendre les pompiers est la seule option. Ils disposent de cisailles hydrauliques et d’écarteurs pour découper le véhicule. N’essayez pas vous-même de forcer sur des parties métalliques : cela peut aggraver les blessures.
Équipement d’urgence indispensable dans chaque voiture
Tu ne peux pas tout prévenir, mais tu peux t’assurer d’être bien équipé. Je trouve d’ailleurs étrange que beaucoup de ces équipements ne soient même pas obligatoires aux Pays-Bas, alors qu’ils sont légalement prescrits dans des pays comme la Belgique, l’Allemagne et l’Autriche.
👇 lis ici ce qui doit se trouver dans ton équipement de secours essentiel pour ta voiture

Compléments précieux
En Belgique, tu es légalement obligé d’avoir une trousse de premiers secours dans ton véhicule. Aux Pays-Bas, cette obligation n’existe pas, mais ceux qui roulent régulièrement à travers l’Europe ont intérêt à adapter leur équipement aux exigences les plus strictes. Cela évite les discussions lors d’un contrôle et te donne les moyens d’agir en cas d’urgence.

Après l’accident : l’aspect administratif
Une fois le premier choc passé et les services de secours sur place (ou s’il s’agit d’un accident sans blessés), la paperasse commence.
Remplissez le constat européen d’accident
Ce formulaire — souvent un document bleu avec papier carbone — est le document standard pour enregistrer un accident. Remplis-le conjointement avec l’autre partie impliquée. Note les circonstances, fais un croquis de la situation et assure-toi que les deux parties signent le recto et le verso.
Tu n’as pas de formulaire sous la main ? Note alors au minimum : nom, adresse, numéro de téléphone et informations d’assurance de toutes les personnes impliquées, plaques d’immatriculation et noms des éventuels témoins.
Documentez tout avec des photos
Prends des photos des dégâts sur tous les véhicules, des positions sur la route, des traces de freinage, des panneaux de signalisation et de la situation générale. Fais-le sous plusieurs angles. Ces photos seront d’une grande importance pour l’assureur et éventuellement pour la police.
Un point important : prends uniquement des photos de la situation et des véhicules. Photographier ou filmer des victimes n’est pas seulement contraire à l’éthique, cela peut dans certains cas être punissable.
Signalez l’accident à votre assureur
Informe ton assureur dans les 24 heures de l’accident. Si tu as déjà fait une déclaration sur place via mobielschademelden.nl (Pays-Bas), les données sont automatiquement transmises. Sinon, contacte-les toi-même.
Consultez le médecin — même pour de petits symptômes
C’est quelque chose que beaucoup de gens sautent, et c’est une erreur. Les plaintes de coup du lapin, maux de tête ou douleurs dorsales se manifestent parfois seulement quelques jours après l’accident. Plus tu attends avant de consulter un médecin, plus il devient difficile de prouver le lien entre les plaintes et l’accident. Cela peut causer des problèmes plus tard pour réclamer des dommages.
Délit de fuite : vous ne pouvez pas partir comme ça
Cela semble évident, mais cela arrive plus souvent qu’on ne le pense. En Belgique et aux Pays-Bas, il est interdit de quitter les lieux d’un accident s’il y a des blessés ou si des dégâts ont été causés — même si tu n’as pas causé l’accident.
Tu peux quitter temporairement les lieux pour chercher de l’aide ou appeler les services de secours, mais dans ce cas, communique ton nom, adresse et numéro de téléphone aux éventuels témoins.
Le délit de fuite peut entraîner de lourdes peines : amendes élevées, retrait de ton permis de conduire, et dans les cas graves même une peine de prison.
Un cours de premiers secours : l’investissement que vous ne regretterez jamais
Je ne peux pas assez insister : suivre une formation aux premiers secours est l’une des choses les plus utiles que tu puisses faire pour toi-même et ton entourage. Pas seulement pour les accidents de la route, mais pour toute situation où quelqu’un a soudainement besoin d’aide.
La Croix-Rouge propose en Belgique comme aux Pays-Bas des formations spécifiquement axées sur les premiers secours en cas d’accident. Des organisations comme Savitae (Pays-Bas) proposent également des formations ciblées sur les gestes qui sauvent, incluant la prise de Rautek et la réanimation.
Je pense que toute personne titulaire d’un permis de conduire devrait suivre au moins une fois dans sa vie une telle formation. Cela donne non seulement des connaissances, mais aussi la confiance en soi pour agir quand chaque seconde compte.






